Objection Votre Honneur



Publi le jeudi 24 janvier 2008


Jeudi 24 janvier 2008

La petitesse des grands acteurs du dossier CHUM

Rappel en relation avec l'émission ENQUÊTE de ce soir à la télé de Radio Canada à 21 h.

 

La saga du dossier CHUM nous a fait réaliser que la plupart des hommes et des femmes en politique, en affaires de même que dans l'enseignement supérieur font passer leurs intérêts personnels avant le bien commun et parfois même au détriment  de celui-ci. Pour certains ces intérêts personnels sont monétaires, pour d'autres ils sont politiques, pour d'autres encore c'est le pouvoir ou le prestige et  pour les plus âgés c'est le besoin de laisser leur nom dans l'histoire. Tout c'a au frais des contribuables bien sûr. Il y a eu d'abord les grands noms du parti Québécois qui ont défendus jusqu'à la dernière minute, la première aberration soit  le 6000 St-Denis ou ils souhaitaient ériger le CHUM à proximité d'une voie ferrée ou transitent 2500 wagons de matières dangereuses par année.

 

Puis le 5 janvier 2005, tout ce qu'il y a de plus connus au Québec en terme de PDG et de PCA, ont cosignés une lettre ouverte au Premier Ministre Jean Charest intitulé «Voir grands et loin». En appui au site Outremont, ce texte dithyrambique passait sous silence complet, le risque du chemin de fer opérationnel du CP. Le tracé modifié de cette voie ferrée longerait de près les bâtiments du projet de CHUM à Outremont. Imaginez le grincement dans la courbe à angle droit, le bruit, la vibration et la pollution d'environs 50 000 wagons de marchandise par année. Imaginez les risques sachant que 4400 de ces wagons transportent des matières toxiques, inflammables et même radioactives. Imaginez un instant combien il y aurait eu de morts, de brûlés vifs et de dommages matériels, si tragédie ferroviaire de Mont St-Hilaire en 2000 s'était produite dans la partie habitée de la ville? Imaginez les odeurs, la pollution et le risque additionnel relié à la zone industrielle entourant le site Outremont, sachant qu'elle comporte plusieurs immenses réservoirs de combustibles et de produits  toxiques. Et c'est dans ce trou sale, bruyant et dangereux, que «l'élite» de nos gens d'affaires, souhaitent que soit construit un hôpital.  Croyez-le ou non, ils invoquaient dans cette lettre rien de moins que « l'intérêt des patients».

 

En acceptant de considérer ce projet aberrant à sa face même et ce pour lécher les bottes de la haute finance, Jean Charest a fait niaiser la communauté médicale et politique pendant des mois en plus de gaspiller des centaines de milliers de dollars de fonds publics en études biaisées et inutiles accordées à des amis libéraux dont l’un d’eux se prélassait en vacances.

 

Coté médias, le milieu journalistique fut plutôt silencieux sur le manque épouvantable de transparence du gouvernement Charest dans le dossier CHUM. De professionnel de l'information la plupart des journalistes se sont comportés comme de simples perroquets du message officiel. Sauf Jean-Robert Sanfaçon et Franco Nuovo et quelqu’autres, personne n'a talonné Jean Charest pour qu'il explique comment il planifiait endetter le Québec de 2 CHU (CUSM et CHUM) alors que les infrastructures du Québec craquaient de partout. Personne n'a talonné Robert Lacroix sur l'illogisme flagrant d'un hôpital près d'une voie ferrée opérationnelle et sur les coûts pour éliminer ou contrôler ce  risque. Tout le monde a gobé les affirmations gratuites du recteur Lacroix et les intentions vertueuses de rendre service, donnée par la famille Desmarais pour expliquer son intervention dans le dossier du CHUM  à Outremont. Personne n'a talonné Philippe Couillard sur ses faux fuyants pour éviter de justifier le rejet du site Hôtel-Dieu proposé par l’architecte Marsan. Site qui avec l'environnement du parc Jeanne Mance et l'absence de voie ferrée semblait un site idéal pour les patients. Les médias ont fait un grand état du 10 millions$ aux écoles juives mais n’ont rien fait lorsqu'il s'agissait de projet de l'ordre de $2 milliards. CHERCHEZ  L'ERREUR???

  

Le projet CHUM à fait ressortir le vrai visage de l’élite d’affaires, politique, médiatique et universitaire du Québec. C’était loin d’être édifiant à voir!